L’HISTOIRE DU WHISKY (1)

1ère partie : les origines

Les origines du whisky sont elles écossaises ou irlandaises ? Les opinions à ce sujet sont bien entendu radicalement opposées selon que l’on pose la question aux représentants d’un pays ou de l’autre.

Il semble cependant que l’hypothèse de l’origine irlandaise rassemble un nombre grandissant de suffrages. Ce serait Saint Patrick lui même, le patron des Irlandais, qui aurait introduit l’alambic dans son pays au Vè siècle, le tenant lui-même indirectement des Egyptiens. Les moines irlandais auraient ensuite répandu à partir du VIè siècle l’art de la distillation en même temps que la civilisation chrétienne, d’abord dans leur propre pays puis en Ecosse.

Ce que l’on tient en tous cas pour sûr, c’est que cet art de la distillation est fort ancien et largement antérieur aux premières origines du whisky. Les Egyptiens auraient pratiqué la distillation des parfums 3.000 avant J.C. De fait, le mot alcool n’est autre qu’un dérivé de l’Arabe al-kho’l, le kho’l étant une poudre sombre à base d’antimoine pulvérisée et utilisée comme fard à paupière. A partir du XIIè siècle la distillation de l’eau de vie, ou aqua vitae, se répand progressivement en Europe, notamment en Irlande et en Ecosse sous son nom gaélique de Uisge Beatha ou Usgebaugh, qui deviendra Uisge puis Uisky, avant de devenir Whisky.

Des vertus médicinales quasi miraculeuses qui justifiaient son nom étaient prêtées à l’eau de vie. Guérissant tous les maux, elle se prescrivait aussi bien en onguent qu’en potion. Elle était loin d’avoir les saveurs et les subtilités de celle que l’on boit aujourd’hui, étant consommée pour ses seules vertus et non par plaisir.

Dans ses « Chroniques d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande » publiées en 1577, Raphael Holinshed décrit ainsi les vertus incomparables du Uisge Beatha :

Un remède assurément miraculeux et indispensable!

Tandis que les Irlandais et les Ecossais distillent, double-distillent ou même triple distillent le whisk(e)y à partir d’orge fermentée, dans le même temps les Français produisent l’Armagnac et le Cognac avec les mêmes techniques à partir de raisin fermenté. En Italie, en Espagne et en Allemagne on distille aussi le vin brûlé.

Distillée à partir d’orge ou de raisin fermentés, dans les deux cas l’eau de vie présentait sur la boisson dont elle était issue – une sorte de bière grossière ou un vin – le triple avantage de se conserver sans problème, d’être plus économique à transporter et d’avoir été purifiée en partie de certains goûts déplaisants.

Uisge Beatha

C’est en 1494 que l’on trouve en Ecosse la première référence officielle incontestable concernant la distillation du whisky avec un document du ministère des finances écossais dans lequel figure la mention de :

« Huit balles d’orge au moine John Cor pour la fabrication d’aqua vitae ».

En Irlande comme en Ecosse la distillation de Uisge Beatha va désormais aller florissant mais non sans péripéties, les gouvernements allant rapidement en réglementer et en taxer la production. En 1644 la distillation de whisky s’était déjà tellement développée en Ecosse que, à la suite d’une mauvaise récolte, on connut un risque de pénurie de céréales. Cette situation inspira au roi d’Angleterre Charles Ier l’idée d’une taxe fiscale sur l’eau de vie. Idée immédiatement reprise par le Parlement écossais qui restreindra le droit de distiller à certaines classes nobles et imposera les premières mesures de taxation. Celles-ci marqueront le début d’une longue saga qui verra s’affronter les distillateurs clandestins et les représentants du gouvernement. Cette épopée, riche d’anecdotes dans lesquelles se côtoient souvent le comique et le tragique, va connaître son apogée au cours du XVIIIè siècle.

En 1707 l’Ecosse est rattachée à l’Angleterre avec la signature du « Traité d’Union » et le Parlement écossais est aboli. Le gouvernement du Royaume Uni va alors imposer de nouvelles taxes qui deviendront vite insupportables, tout en créant des brigades spécialisées déployées sur le terrain pour lutter contre la distillation clandestine, les Excisemen.

2è partie : Contrebandiers et Excisemen

L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. A CONSOMMER AVEC MODÉRATION